Comment instaurer un climat harmonieux et de confiance au sein d’une famille ? Si vous êtes parents, vous savez que c’est un sacré défi ! Et plus encore quand on a des enfants concernés par le haut potentiel. Ce n’est pas toujours simple. Cela peut être même épuisant pour certains parents.

Comment faire pour accueillir les émotions de tous ? Comment gérer les débordements et respecter les besoins individuels, aussi bien des parents que des enfants ?

C’est toute une série de questions que Nathalie a abordé avec Nancy Doyon et Martin Daigle, experts en coaching familial.

Respecter les besoins de chaque membre

Ce n’est pas toujours facile d’éduquer et encadrer des enfants, car on n’a pas été formé pour être parent. Chacun fait du mieux qu’il peut. Ce qui importe avant tout, c’est l’expression des émotions de chacun. Si on est hypersensible comme Martin Daigle, les émotions vont souvent être encore plus intenses.

On a beau vouloir assurer cette discipline positive, les enfants hauts potentiels ou hypersensibles mettent de l’intensité dans la vie. Il faut comprendre que dans une même famille, on peut avoir par exemple un enfant HP ou hypersensible, un second qui serait TDAH et un troisième typique mais plus lunatique, plus calme…

D’une façon ou d’une autre, on doit travailler à travers la dynamique familiale en respectant les besoins et l’espace de chacun. C’est loin d’être toujours facile. Il arrive que certains intervenants tentent tant bien que mal de donner des recettes aux parents : en cas de crise ou de manque de motivation à l’école par exemple. Ce n’est pas aussi simple que cela.

Le rôle d’un parent est un des plus complexes qui existe, et c’est d’ailleurs pour cela que c’est si fascinant. En même temps, chacun vit son propre rôle dans la société, travaille sur son couple et ses défis personnels, recherche du temps pour soi, répond à ses besoins professionnels, etc. C’est loin d’être aisé !

En parallèle, on se fatigue inutilement car on se met énormément de pression. Être parent, ce n’est pas être parfait. Il n’y a pas de recette qui va nous mener du point A au point B. Les enfants, ce n’est pas une glace que l’on peut moduler comme on le souhaite. Il faut faire preuve d’une bonne dose de lâcher prise.

 

Repérer les forces de chacun

 

Une bonne idée est de s’asseoir avec son partenaire, et de dresser l’inventaire des traits de personnalité de chaque membre du couple. Quelles sont nos forces et nos travers ?

Par exemple, on peut être un peu brusque dans notre façon d’intervenir, alors que notre conjoint s’exprime toujours avec une grande douceur. Celui-ci serait alors bien meilleur pour avoir une discussion avec un enfant hypersensible. Quand il y a un sujet à aborder avec l’enfant hypersensible, le parent le plus doux sera beaucoup plus compétent. Si l’enfant a plutôt besoin d’un encadrement, alors ce sera plus le champ de compétence du parent un peu plus autoritaire.

Il faut relever les forces et les traits de caractère de l’un et de l’autre, afin de voir en quoi cela peut être bénéfique et de quelle manière on peut les utiliser davantage dans certaines situations. Il faut également parler des besoins de chacun, comme mère ou père, belle-mère ou beau-père, conjoint, etc. On a souvent tendance à s’adresser les uns aux autres en termes de reproches. Il faut trouver ce qui nous agresse, nous agace et quel est le besoin que l’on a en amont. Partager nos besoins respectifs et s’assurer de bien garder l’espace-temps pour en parler est important.

Dans un deuxième temps, on peut dresser cet inventaire avec les enfants. C’est un grand défi dans les familles avec un ou des enfants HP ou hypersensibles, car aura lieu l’inévitable comparaison entre eux. L’enfant à haut potentiel pourrait avoir l’impression d’être défectueux. L’enfant typique pourrait avoir l’impression d’être banal, pas extraordinaire ou stupide.

Un exercice que Nancy Doyon aime beaucoup pratiquer avec ses enfants, est de faire un autoportrait en mettant sur une grande feuille la photo ou le nom de l’enfant. Ensuite, on ajoute autour des mots ou des images représentant la personnalité de l’enfant : ses besoins, ses intérêts, dans quel domaine il performe, ses défis… On peut valoriser la différence entre chaque enfant. Par exemple on remarque que l’un d’eux reçoit plus de câlins, car il a besoin de plus d’affection. Le second pourrait avoir un besoin plus fort d’être stimulé intellectuellement, en jouant aux échecs ou en faisant partie d’un club de lecture. Pour le troisième enfant, il peut ressortir qu’il a plus besoin de bouger, et donc d’être inscrit à une activité sportive, etc.

Chaque enfant a ses propres besoins et doit prendre conscience que ses différences ne sont pas des défaillances. Avec cet exercice, Martin Daigle aime beaucoup mettre les enfants en contexte d’aller chercher les forces de ses frères et sœurs. Ainsi, ils peuvent être capables de créer une complicité entre eux pour qu’ils puissent grandir ensemble en enlevant cet esprit de compétition dans la fratrie. Souvent, en tant que parent, il nous arrive involontairement de mettre un esprit de compétition entre les enfants.

Famille d’hypersensibles : quel enjeu ?

Quand on est un adulte hypersensible, face à un ou des enfants hypersensibles, l’enjeu principal est d’être efficace en tant que parent. Parfois on peut être en surcharge cognitive, sensorielle, émotive, avec des montagnes russes émotionnelles, qui viennent accompagner cela.

L’enjeu est très présent, car il faut être crédible auprès de son enfant, surtout si on lui demande une meilleure maîtrise de lui, alors que nous sommes toujours en ébullition ou sur le point d’exploser. L’acceptation prend ici une grande place. On peut dire à son enfant que nous aussi, on a des montagnes russes intérieures si, par exemple, on a crié plus fort que l’on aurait dû, ou si l’on a agi de façon inadéquate.

Il faut être capable de revenir vers son enfant et de s’excuser auprès de lui. On peut lui expliquer que l’on travaille pour pouvoir mieux gérer cela, et que c’est normal que ça lui arrive à lui aussi.

Il faut normaliser les émotions qui parfois peuvent être débordantes. Nos montagnes russes émotionnelles sont là, et on n’a pas le choix, il faut les vivre. Faute de banaliser, il faut normaliser le fait que notre vie ne se déroule pas dans un train tranquille. Mais c’est aussi cela qui fait qu’elle soit si intéressante. C’est un défi car parfois, on se retrouve tout en haut de la montagne russe et sommes très doué comme parent. Puis tout à coup, on se retrouve tout en bas, et cela peut être effrayant pour les enfants.

Il faut savoir s’assumer, demander pardon quand on a des débordements et des réactions excessives. Il faut mettre des choses en place à la maison pour prendre soin de cela. Certaines personnes accumulent jusqu’à ne plus supporter leurs enfants ou leur conjoint, puis explosent et auraient juste envie de se sauver. Quand on arrive à l’explosion, il est trop tard. C’est un devoir de prendre soin de cette sensibilité en amont.

On doit accepter de laisser certaines choses de côté et de ne pas être un parent parfait qui est toujours présent. Si on continue de se mettre cette pression, on continuera d’exploser. Il n’y pas de formule magique, on ne peut pas tout avoir. On doit dédramatiser les émotions que l’on vit et non pas les banaliser. Il est nécessaire de se dire que c’est ainsi que l’on vit nos émotions, et que c’est normal.

 

Les clés pour améliorer l’harmonie familiale

La première clé est de toujours penser à observer son enfant. C’est primordial. Observer, sentir son enfant, voir quels sont ses besoins. On doit cesser de toujours vouloir mettre des recettes préparées d’avance dans nos actions. Il faut s’arrêter et observer notre enfant pour voir quelle intervention est la plus gagnante pour lui en fonction de son tempérament et de ses besoins.

La deuxième clé est de savoir répondre au besoin de stimulation de son enfant HP. Cela représente beaucoup d’énergie. Cependant, il faut organiser et structurer nos routines de vie de façon à ce que ses besoins de se dépenser, de stimulation motrice ou intellectuelle soient respectés, pour que l’enfant puisse se dépasser et relever ses défis. Si votre enfant manque de stimulation, il va vous mettre dans l’embarras. S’il s’ennuie, il va aller faire crier le petit frère et vous aurez des querelles à gérer. L’enfant à haut potentiel doit être constamment occupé afin qu’il ne soit pas sans activité. On n’est pas obligé de tout assumer seul. Si l’enfant s’amuse à embêter tout son entourage, c’est probablement qu’il s’ennuie. À ce moment-là, il faut réussir à trouver un projet à réaliser, au lieu d’être toujours en confrontation.

La troisième clé est de respecter, accueillir, valoriser et aimer la différence. Concevoir qu’un diagnostic n’est pas une étiquette négative, un défaut ou une maladie. Un enfant TDAH a un type de personnalité avec des besoins différents. L’hypersensibilité n’est pas une tare. Il faut simplement trouver comment on peut en profiter pour décoder les besoins qui l’accompagnent.

Pour conclure, il faut tout simplement respecter les besoins de son enfant et tirer une meilleure partie de ce qu’il est.

Vous avez besoin d’être compris dans votre fonctionnement atypique, d’avoir des clés pour vous motiver et avancer en lien avec ce qui est juste pour vous ?

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